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science

Hommage à André Brahic - Astrophysicien

Publié le par Silver Screen Association

Source : Le Monde (18 mai 2016) "

L'Astrophysicien français André Brahic s'est éteint, dimanche 15 mai 2016, des suites d'un cancer à l'âge de 73 ans. "Un jour, racontait-il en 2014, j'avais une conférence à faire dans le sud de Paris, à 21 heures. C'était embouteillé, je suis arrivé quinze à vingt minutes en retard, et comme je me sentais coupable, j'ai voulu me faire pardonner. J'ai commencé à raconter des choses au public, et puis j'ai éprouvé un moment de fatigue. J'ai demandé : "Cela ne vous dérangerait pas qu'on s'arrête cinq minutes pour je boive un verre d'eau?" et tout le monde à rigolé. J'ai regardé ma montre : il était 2h45. J'ai voulu arrêter mais on m'a dit "Non, non! On a des questions à vous poser". Alors ils m'ont posé des questions et libéré à 6 heures. Je suis arrivé chez moi à 7 heures du matin et ma compagne a ouvert un oeil en disant : "d'où viens-tu? J'ai répondu que je venais de faire une conférence et elle m'a dit : "trouve autre chose...". 

Tout André Brahic tient dans cette anecdote. C'était la passion, l'humour et le verbe mis au service de l'astronomie... Ainsi qu'un rapport très particulier au temps. Vouloir interviewer le codécouvreur des anneaux de Neptune se révélait un exercice redoutable, car c'était s'exposer à une ravale de mots, à un tsunami d'histoires, à un bombardement de remarques dont on ne voulait rien manquer, c'était prendre le risque de tout noter et de finir une crampe à la main. 

Grand vulgarisateur 

Si le cinéaste Etienne Chatiliez avait connu Brahic, nul doute que son film Tanguy (2001) se serait plutôt intitulé André. Né le 30 novembre 1942 à Paris, fils unique et choyé, il passera quatre décennies chez ses parents, y restant bien après avoir bouclé ses études. En licence de mathématiques, il choisit un peu par hasard, l'option astronomie, parce que "le mot sonnait comme quelque chose de fascinant et d'amusant". Sans le savoir, il se retrouve dans le cours d'une figure de l'astrophysique, Evry Chatzman (1920 - 2010), qui le "fait rêver" et lui décroche par la suite un poste d'enseignant-chercheur. 

André Brahic s'intéresse d'abord au rôle des collisions de nuages de poussière et de gaz dans la formation des galaxies et s'aperçoit que son modèle peut marcher avec les anneaux de Saturne, dont il va venir un des plus grands spécialistes. Cela lui permet de travailler sur les images envoyées par les sondes Voyager depuis les planètes lointaines du système solaire puis d'enchaîner avec la mission américano-européenne, Cassini qui, partie en 1997, tourne toujours autour de Saturne. 

Entre temps, il a, avec Bruno Sicardy et Françoise Roques, lancé un programme qui permet , en 1984, la découverte des anneaux d'une autre planète gazeuse. Neptune, André Brahic s'aperçoit que le cinquième de ces anneaux est discontinu et composé de trois arcs qu'il baptise "Liberté", "Egalité" et "Fraternité" (un quatrième arc "Courage" sera découvert plus tard) avec ce sens certain du spectacle et de la formule qui fait mouche dans ses conférences. 

André Brahic était de ces garnements souriants à qui on pardonne tout. Qui livrait à Odile Jacob le manuscrit  d'Enfants du Soleil ou de Lumières d'Etoiles plusieurs années après la date prévue. Qui ne travaillait pas le matin parce qu'il se couchait à l'aube et se levait à midi. Qui mettait des heures à répondre à trois pauvres questions d'un journaliste, emboîtant des parenthèses dans des incises, comme autant de pupées russes verbales...

L'astrophysicien était aussi, à sa manière, un doux rêveur. Il rêvait d'une recherche qui ne serait pas rongée par la bureaucratie et la paperasse "la moitié des chercheurs passe son temps à remplir des demandes que l'autre moitié perd beaucoup de temps à lire" nous avait-il confié. Il rêvait d'un monde où les députés suivraient une formation permanente en sciences où l'on mettrait des chercheurs derrière chaque ministre. Il rêvait toujours avec humour de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 (avant, il était trop occupé) avec un programme en trois mots  culture, recherche, éducation". Il rêvait aussi qu'une sonde aille voir ses chers anneaux de Neptune en 2057, pour ses 115 ans. Le temps avec qui il avait pendant tant d'années joué à cache-cache l'a malheureusement attrapé avant. PIERRE BARTHELEMY

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Evenements scientifiques survenus durant la production de "NEXELIA"

Publié le par Les Editions BenGrem

19 mai 2012 : La société américaine SpaceX réussit le lancement de sa capsule Dragon à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Il s’agit du premier vol privé vers l’avant-poste orbital.

5 août 2012 : Curiosity atterrit dans le cratère de Gale à la surface de Mars avec pour mission de collecter des informations en vue d’évaluer les hypothétiques traces d’une vie antérieure ou actuelle sur la planète.

26 août 2012 : L’astronaute américain, Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune est décédé à l'âge de 82 ans de complications après une opération cardio-vasculaire.

2 janvier 2013 : Une équipe internationale d'astronomes étudie la jeune étoile HD 142527, située à plus de 450 années-lumière de la Terre, grâce au télescope Alma (Atacama Large Millimeter/sub-millimeter Array). Il s’agit des premières observations directes d'importants écoulements de gaz à travers un espace vide dans le disque de matière qui entoure une jeune étoile.

15 février 2013 : Une pluie de météorite fait près d'un millier de blessés en Russie.

Avril 2013 : Des astrophysiciens de l’Université de Genève (UNIGE) ont observé un trou noir avaler une «super-jupiter», dans une galaxie située à 47 millions d’années lumières.

Juillet 2013 : Le téléscope Hubble a permis d'identifier à plus de 63 années lumières, une planète aux couleurs de la Terre. HD 189733b est une géante gazeuse parfaitement inhospitalière, en orbite très près de son étoile hôte. Son atmosphère changeante est torride avec plus de 1 000 degrés Celsisus.

2 octobre 2013 : Environ 2% du sol à la surface de Mars est formé d'eau selon une étude d'un échantillon effectué par le robot Curiosity, une découverte qui ouvre de nouvelles perspectives pour l'exploration habitée de la planète rouge.

22 octobre 2013 : La barre symbolique des 1 000 exoplanètes identifiée par les astronomes a été franchie.

3 décembre 2013 : Le téléscope Hubble détecte des traces d'eau dans l'atmosphère de cinq exoplanètes. Baptisées Wasp-17b, HD 209458b, WASP-19b et XO-1b, ces cinq planètes ont une taille analogue à celle de Jupiter et présentent toutes une températures extrêmement élevée en raison de la faible distance qui la sépare de leur étoile.

17 avril 2014 : Découverte de Kepler-186-f, exoplanète localisée à 490 années-lumières du soleil. Le diamètre de Kepler-186-f est proche de celui de la Terre (12 756 km), seulement 10% plus grand. Elle est par ailleurs située dans la zone habitable de son étoile (une naine rouge), c'est à dire qu'elle reçoit un flux de chaleur compatible avec l'existence d'eau liquide en surface.

5 août 2014 : Découverte de Kepler-186-f, exoplanète localisée à 490 années-lumières du soleil. Le diamètre de Kepler-186-f est proche de celui de la Terre (12 756 km), seulement 10% plus grand. Elle est par ailleurs située dans la zone habitable de son étoile (une naine rouge), c'est à dire qu'elle reçoit un flux de chaleur compatible avec l'existence d'eau liquide en surface.

6 août 2014 : Lancée dans l'espace il y a dix ans par la fusée Ariane, la sonde européenne Rosetta rejoint la comète 67P Tchourioumov-Guérassimenko. Ce véhicule spatial conçu par l'Agence Spatiale Européenne poursuivra sa mission exploratoire sur les traces de la comète dans le but de récolter des informations sur le système solaire.

30 septembre 2014 : Une équipe d'astronomes européens, dont des chercheurs de l'Université de Liège, ont découvert deux nouvelles exoplanètes de la taille de Jupiter, en orbite autour d'une des deux étoiles d'un système binaire. Cette observation permet de mieux comprendre le phénomène de "Jupiter chaude" qui constitue une énigme de longue date.

3 décembre 2014 : Lancement de la sonde japonaise Hayabusa-2 par l'agence spatiale JAXA. L'objectif de la mission consiste à aborder en 2018 un astéroïde actuellement désigné par le code (162173) 1999 JU3.

23 juillet 2015 : Découverte très médiatisée de Kepler-452b, une exoplanète d'un diamètre 60% plus grand que la Terre, Kepler-452 fait le tour de son étoile en 385 jours et se trouve 5% plus éloignée d'elle que nous le sommes du Soleil. Elle se positionne donc dans la zone habitable, celle où de l'eau liquide, indispensable à la vie, aurait des chances d'être présente.

28 septembre 2015 : La NASA annonce la découverte d'eau liquide à la surface de la planète Mars. Des rivières d'eau "extrêmement saumâtre" et "salée" ont été découvertes par les chercheurs dont les travaux ont été publiés dans la revue Nature Geoscience (en anglais).

15 mai 2016 : Décès d'André Brahic, astrophysicien français mondialement connu pour avoir découvert les anneaux de Neptune. Membre des équipes scientifiques des missions Cassini et Voyageur, le Professeur Brahic était l'un des principaux acteurs mondiaux de l'étude du système solaire.Son dernier ouvrage, "Terres d'ailleurs", co-écrit par Bradfort Smith est dédié aux exoplanètes. 

 

 

 

 

 

 

 

Février 2017 : Des astronomes ont détecté la présence de molécules d'eau dans l'atmosphère de l'exoplanète 51 Pegasi b, une jupiter chaude située à environ 50 années-lumières de la Terre dans la constellation de Pégase. 

Septembre 2017 : Une équipe d'astronomes rapporte la découverte de trois exoplanètes de type terrestre orbitant autour d'une étoile située à seulement 12 années lumières. Ces trois nouvelles exoplanètes cataloguées ont des tailles similaires à celle de la Terrre (au maximum 1,5 fois sa taille selon les estimations). L'une d'entre-elles se nomme YZ Ceti b qui orbite autour de son étoile en seulement deux jours et distante de seulement neuf millions de kilomètres.

 

 

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La quête d'une autre Terre en quelques dates

Publié le par Les Editions BenGrem

La quête d'une autre Terre en quelques dates

1995 : Michel Mayor et Didier Queloz découvrent une planète gazeuse autour d'une étoile de type solaire, 51 Pegasi. Surprise : cette géante orbite très proche de son soleil puisqu'elle boucle une révolution en seulement 4 jours.

1999 : Upsilon Andromedae devient la première étoile dotée de plusieurs planètes. Composé de géantes parfois plus massives que Jupiter, ce système n'a rien de comparable au nôtre.

2007 : La première planète située dans la zone habitable de son étoile est découverte autour de GLIESE 581, une naine rouge située à seulement 20 années lumières de la Terre.

2009 : La densité de la planète Corot 7b (Débusquée par le satellite français Corot) indique que c'est la première exoplanète rocheuse jamais découverte.

2011 : Annoncée à grand renfort de communication par la NASA, Kepler 22-b est la première planète découverte par Kepler dans la zone habitable d'un sosie du soleil à 600 années-lumières de nous.

hthttps://www.youtube.com/watch?v=L0oPX38gEXYtp://

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"Avec les exoplanètes on a basculé de la science-fiction vers la science"

Publié le par Les Editions BenGrem

"Avec les exoplanètes on a basculé de la science-fiction vers la science"

Depuis quelques mois, les annonces de découvertes d'exoplanètes pleuvent. Les scientifiques détectent environ tous les trois jours une de ces planètes situées hors de notre système solaire. FTVi s'est entretenu avec Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au laboratoire "Atmosphères, milieux, observations spatiales" du CNRS, pour comprendre l'enjeu derrière cet emballement.

FTVi : Pourquoi un tel engouement autour des exoplanètes en ce moment ?

Jean-Loup Bertaux : C’est un domaine de recherche très récent. On n'avait aucune preuve de planètes existant hors de notre système solaire avant 1995. Cela a été une énorme révolution. Avant, on en discutait à titre philosophique. Depuis, nous savons que cela existe, ce ne sont plus des suppositions. Pour le résumer, on a basculé de la science-fiction vers la science. C’est très excitant, cela a remis au premier plan cette question existentielle : "Sommes-nous seuls dans l’univers ?" Personnellement, je n’y crois pas trop. Par exemple, il y a 200 milliards d’étoiles dans notre galaxie, la Voie lactée, et l’on sait maintenant qu’environ une étoile sur dix a une planète habitable autour d’elle. Les probabilités de trouver une forme de vie extraterrestre sont gigantesques.

De plus en plus de scientifiques s’intéressent aux exoplanètes. En France, il y a dix ans, les chercheurs dans le secteur étaient peu nombreux. Maintenant, ils sont des dizaines, peut-être même une centaine. Il y a plus de chercheurs, donc plus de découvertes et les outils de détection se sont perfectionnés. La compétition est devenue très féroce. Les budgets de recherches deviennent de plus en plus conséquents. Le télescope spatial James-Webb, qui doit succéder à Hubble en 2018 et qui promet d'être précieux dans l'observation de nouvelles planètes, va coûter 15 milliards de dollars (soit 11,23 milliards d'euros).

Au milieu de toutes les annonces, comment distinguer une découverte importante d'une autre ?

Une découverte est à prendre au sérieux lorsque la planète se trouve dans la zone habitable. Cette zone, c’est la distance par rapport à l’étoile où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Pour résumer, c’est environ la distance Terre-Soleil. Si une planète se trouve dans cette zone, on peut espérer y trouver de l’eau, et notamment de l’eau à l’état liquide, un facteur important pour découvrir de la vie. Pour l’instant, parmi les 700 exoplanètes que nous connaissons, seules 2 ou 3 sont situées dans la zone habitable. C’est donc un facteur rare et à surveiller de près.

Autre donnée qui permet de donner de l’importance à une exoplanète : sa taille. Si elle est très grande, elle est sûrement gazeuse. Cela exclut presque quasiment la probabilité d’y trouver de la vie. En revanche, si elle est assez petite, c’est-à-dire si elle fait la taille de la Terre ou juste quelques fois sa taille, elle est probablement rocheuse. On peut donc espérer y découvrir de la vie.

L’objectif est de trouver une forme de vie extraterrestre, mais comment faire si on ne peut pas s’y rendre ?

Envoyer une sonde pour observer directement une exoplanète, il faut l’oublier. Ce n’est pas pour tout de suite. Un satellite mettrait plusieurs milliers d’années pour se rendre sur place. Et il est donc ridicule de vouloir aller sur une autre planète. Toutefois, il y a d’autres moyens de découvrir des formes de vie. Dans un premier temps, si nous pouvions prendre des photos de ces planètes, on ferait un bond énorme. On pourrait peut-être ainsi découvrir des signes de vie. Par exemple, de l’espace, on peut voir sur Terre de grandes constructions ou les lumières des grandes villes. L'observation de ce genre de phénomènes serait une preuve tangible. C’est pour cela que les efforts se concentrent actuellement sur l’imagerie des exoplanètes.

Il y a également des chercheurs qui développent des techniques pour communiquer avec les extraterrestres. Je pense notamment au programme américain SETI (lien en anglais). Malheureusement, ceux qui veulent entrer en contact avec une autre forme de vie ne sont pas toujours pris au sérieux par la communauté scientifique. Mais les recherches sur les exoplanètes leur sont également utiles : grâce à elles, ils peuvent au moins focaliser leurs efforts dans telle ou telle région. Pour l’instant, ils sont à l’écoute de tout et émettent dans toutes les directions.

Source : Louis San (France Info Tv)

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La vérité sur les exoterres (Ciel & Espace)

Publié le par Les Editions BenGrem

La vérité sur les exoterres (Ciel & Espace)

Les Découvertes de "nouvelles Terre" ont beau se succéder, aucun monde extrasolaire ne peut être aujourd'hui comparé à la planète bleue. Espérer découvrir notre clone dans le ciel n'est-il pas illusoire?

Le 5 décembre 2011, avec un talent certain pour la publicité, la NASA annonce la découverte de Kepler 22b "première planète avec un rayon connu à tourner dans la zone habitable d'une étoile autre que le soleil". Repérée par le télescope spatial americain Kepler, la nouvelle venue tourne en 290 jours autour d'un astre identique au nôtre. Comme la Terre, elle est dans la zone habitable de son étoile.

Deux semaines plus tard, nouvelle annonce fracassante! Kepler, cette fois, à découvert deux planètes d'une taille comparable à la Terre. Le diamètre de Kepler 20f est quasi identique à celui de la planète bleue. Kepler 20e, elle est un peu plus petite que Vénus. Dans un élan de lyrisme, le grand chasseur d'exoplanètes Geoffrey Marcy parle de "moment décisif dans l'histoire de l'humanité", comparable au débarquement de l'homme sur la Lune. Peut-être mais ces deux astres ne sont pas vraiment des Terre. Situés respectivement à 0,14 et 0.06 UA (1) de leur soleil, leur température dépasse les 400°C...

Ainsi va la quête d'une autre Terre ces temps-ci. Lorsqu'une exoplanète est à la distance requise, elle est beaucoup plus grosse. Lorsque sa taille convient, elle est beaucoup trop prêt de son étoile. Et le plus souvent, la masse de la précédente est inconnue! Une vraie Terre extrasolaire reste insaisissable, et il y a de bonnes raisons à cela "La taille et la masse des exoplanètes sont mesurées par des méthodes qui visent des cibles différentes", note l'astrophysicien italo-russe Francesco Pepe qui a lui-même découvert cet été un spécimen de 3.6 masses terrestres - mais de taille inconnue - dans la zone habitable d'un autre soleil. Pour détecter ses proies, le satellite Kepler utilise la méthode de transits qui nécessite d'observer autant plus de passages d'une planète qu'elle est petite. A ce jeu-là, les plus petits corps détectables sont évidemment ceux qui tournent vite au plus près de leur étoile. Hélàs! Pour des raisons de pures statistiques les étoiles de Kepler sont aussi lointaines et faibles. L'autre grande méthode, celle de vitesses radicales, "détecte les planètes en mesurant leur masse minimale autour d'objets relativement brillants et proches", explique Francesco Pepe. La plupart du temps, elle ne permet pas d'étudier les cibles de Kepler. Et comme il n'y a qu'une très faible chance pour qu'une planète découverte par cette méthode transit de surcroît devant son étoile, celle dont à la fois la masse et le rayon sont connus restent rares. Aucune en tout cas, n'est aussi "légère" que la Terre. La quête d'une autre planète bleue serait-elle une chimère?

Au laboratoire d'astrophysique de Bordeaux, Franck Selsis n'est pas loin de le penser. Pas parce que mesurer la masse, la taille et la distance à son étoile d'un si petit corps est difficile mais parce que "ces trois paramètres seuls ne suffisent pas à dire à quoi à ressemble une planète?". Ce que nous avons appris de l'extraordinaire diversité des 720 exoplanètes connues à ce jour, et plus particulièrement des plus petites, c'est que leur physionomie dépend in fine de leur composition. "Par exemple, que se passerait-il si la Terre était composée de 1% d'eau , au lieu de 0,1%? Posséderait-elle encore un volcanisme? Des terres émergées? Abriterait-elle la vie?" s'interroge Franck Selsis. D'où, aussi, la conviction du découvreur de Kepler 20e et 20f, le Français François Fressin (du Center for Astrophysics de Harvard), que repérer une parfaite jumelle de la Terre est illusoire : "Il y a trop critères à prendre en compte"!

D'ailleurs ce n'est plus la recherche de notre double qui motive les astrophysiciens "Le vrai défi c'est la caractérisation détaillée des exoplanètes ; structure interne et atmosphère", explique Francesco Pepe. De toutes les exoplanètes. A commencer par celles qui sont les plus faciles à étudier? "Avec le successeur de Hubble, le JWST (téléscop spatial James Webb), on pourra peut être identifier des signatures chimiques de la vie dans l'atmosphère de super-Terre autour d'étoiles naines rouges", espère Xavier Bonfils qui a notamment découvert les planète GLIESE 667C c et Gliese 581d.

D'ici là, les chasseurs d'exoplanètes devraient se rapprocher un peu plus du profil terrestre. "Kepler trouvera des candidates au calibre approximatif de la Terre et dans la zone habitable de leur étoile d'ici peu ", pronostique Geoffrey Marcy. Si l'on en croit les statistiques selon lesquelles au moins une étoile sur trois est entourée d'une planète inférieure à 10 masses terrestres, les "planètes à la mode", dont s'amuse Franck Selsis ne devraient pas manquer dans les mois à venir.

(1) U.A. (Unité Astronomique) : Unité de distance équivalent à la distance Terre - Soleil, soit 150 millions de kilomètres.

Ecrit par David Fossé

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